Illustrated introduction to Michelangelo, £9.99
Allahabad, Inde
XVIIe siècle
Sculptée dans une seule pièce de jade vert
Cette grosse tortue d’eau est une pièce exceptionnelle en matière de sculpture. Elle a été trouvée au fond d’une citerne a l’occasion de travaux d’ingénierie dans la forteresse d’Allahabad, en Inde du nord, et a été rapportée en Angleterre par le Lieutenant Général Alexander Kyd des Bengal Engineers.
Alexander Kyd était un parent du Lieutenant Général Robert Kyd, qui fonda les Jardins Botaniques de Calcutta. L’objet a été légué au British Museum en 1830 par Thomas Wilkinson par l’intermédiaire de James Naime, un parent de la famille Kyd.
Le troisième empereur Moghol, Akbar (1556 - 1605), fit construire un palais fortifié dans l’ancienne cité de Prayag, qu’il rebaptisa Allahabad. En 1583, il en fit sa capitale, quoiqu’il n’y ait jamais vécu. Elle devint le lieu de résidence de son fils, le prince Selim, futur empereur Jahangir (1605 - 1627). Ambitieux et impatient d’en hériter le trône, Selim établit ainsi sa résidence royale à Allahabad en signe de rébellion contre son père. La tortue pourrait dater de cette époque, et constituait peut-être un ornement rare des bassins de jardins dans le palais princier. Selim est connu pour avoir été le protecteur de tailleurs de jade ; on rapporte également qu’il avait une fascination pour les phénomènes naturels. La sculpture, dont la réalisation pourrait avoir pris plus d’une année, est extrêmement naturaliste, avec un ventre tout aussi bien représenté que le reste. La tête légèrement excentrée donne à l’amphibien l’expression d’un lent mouvement en avant.
La tortue d’eau appartient à l’espèce des Kachuga dhongaka, originaire de la rivière locale Yamuna, qui rejoint le Gange à Allahabad. A son arrivée au British Museum, la tortue fut d’abord considérée comme une pièce exceptionnellement grande de jade de Sibérie, plutôt que comme un exemple raffiné de sculpture indienne et fut présentée dans la galerie des minéraux. Une photographie stéréoscopique prise en 1858 par Roger Fenton la montre exposée sur une table. On pense à présent que le jade provient d’une autre source que la Sibérie ou le Khotan.