L’astrolabe Sloane
Angleterre, vers 1300
L’un des astrolabes les plus anciens d’Europe
L’astrolabe Sloane et l’un des plus anciens et des plus énigmatiques instruments mathématiques conservés dans les collections médiévales du British Museum. Sa taille et son décor étonnant, intégrant animaux réels et mythiques avec une charmante minutie, en fait un objet fascinant à regarder avant même de considérer son fonctionnement.
Cet astrolabe porte le nom de Sir Hans Sloane, car il faisait partie de sa collection qui fut à l’origine de celle du British Museum en 1753. L’objet est fait de cuivre, mais l’application de laque par le passé explique la patine foncée de la plupart de ses composants.
Les astrolabes sont littéralement des cartes en deux dimensions de la sphère céleste (les étoiles les plus importantes et les orbites célestes principales, comme les Tropiques, l’Écliptique et l’Équateur céleste sont projetés sur une surface plane). Ce procédé de construction, connu des Grecs anciens, est similaire à celui utilisé pour produire une carte. Les astrolabes sont parmi les plus sophistiqués des instruments réalisés avant l’invention de l’ordinateur, qui permettait à son utilisateur de déterminer l’heure dans différents systèmes horaires, le jour comme la nuit, d’établir des hauteurs et des angles, et de faciliter l’établissement d’horoscopes.
Comme l’astrolabe est capable de déterminer l’heure de la prière selon les règles qui gouvernent chaque musulman, il était particulièrement populaire dans le monde islamique.
Chaque astrolabe peut-être utilisé à diverses latitudes pour lesquelles les disques plats, dits plateaux sont gravés. L’astrolabe de Sloane possède trois plateaux disposés de manière à permettre de mesurer six latitudes différentes entre 48° 30' et 54° (pour la plupart des endroits en Europe). Une seule ville est mentionnée Lundoniarum (Londres), marquée sur le plateau à 52°. Le dos de l’instrument est richement orné d’animaux mythiques et de volutes végétales entrelacés. Les pointeurs d’étoiles du cadre du rete représentent des animaux, surtout des têtes de chiens ou de dragons. La pointe de la langue des animaux sert de pointeur.
Plusieurs échelles calendériques y sont également gravées, permettant à l’utilisateur de calculer les dates de fêtes mobile et de lire les noms de 48 saints. Trois d’entre eux ont une importance particulière en Angleterre : Dunstan (fêté le 19 mai), Augustin de Cantorbéry (26 mai), et Edmond (20 Novembre). La mention de ces saints et de Londres, de même que la conception d’ensemble, portent à croire que cet astrolabe fut fabriqué en Angleterre.
On ne sait qui fabriqua cet instrument et pour qui. Sa taille exceptionnelle et la précision de son exécution laissent supposer, quoiqu’il en soit, qu’il fut réalisé par un artisan expérimenté pour un client aisé.
L’instrument est incomplet : il manque l’alidade et le rapporteur.
